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ÉCONOMIE / ÉCOLOGIE

La Taille à l'ancienne, tressage et plessage

VIGNETTE

Le plessage

Cette technique de tressage, à base de jeunes arbres au tronc fendu entrelacés entre eux, était utilisée autrefois dans les potagers pour éviter le massacre des cultures par les animaux, elle servait égelement à clôturer les pâturages pour former une haie infranchissable par les bêtes. Très utile à l'époque, elle a aujourd'hui été presque totalement remplacée par les clôtures modernes faites de piquets et de grillage.

 

La mise en pratique est certes ardue et de longue haleine, mais le résultat naturel, sauvage et très structurel de cette barrière végétale en fait une parfaite concurrente des haies vives pour ceux qui abhorrent les clôtures grillagées sans âme.

Les arbres les plus aptes à être plessés doivent être souples. Nos amis de Flandres françaises, adeptes de cet art jardinier, conseillent la piquante aubépine. Le noisetier ou le hêtre sont également recommandés pour leur capacité à être pliés sans casser. Le charme et le chêne sont aussi rencontrés dans ce genre de haie, car ils cicatrisent vite et bien.

 

Mise en oeuvre

Pour créer une haie plessée, il faut au préalable jouir d'une haie vive déjà plantée, mais inefficace ou inesthétique. Ou bien partir de zéro en plantant les arbustes adéquats et attendre ensuite 3 à 4 ans que la hauteur de la haie atteigne les deux mètres. Une fois cette première et longue étape franchie, il faut couper les jeunes troncs vigoureux et bien droits à 1.20 m de hauteur. Ils serviront de piquets d'ancrage pour le tressage. L'idéal est d'avoir un point d'attache tous les 30 cm. Si les troncs en place ne suffisent pas, il suffit de planter quelques solides piquets de chataigners ou d'acacia refendus.

Enfin, vient la délicate opération du pliage qui s'effectue avec des baliveaux (= branches à plier) de 2 à 3 mètres de hauteur et de 50 à 10 cm de diamètre. À l'aide d'une serpette et de gants de cuir pour les épineux, il faut, au pied de la branche, tailler une entaille en biseau sur les 3/4 de la matière et sur 5 cm maxi de longueur, dans le sens opposé du pliage. A ce sujet, le pliage des baliveaux s'effectue toujours en remontant une pente et non l'inverse !

 

Une fois tous les baliveaux de la haie entaillés, on peut commencer le pliage en commençant par l'extrémité indiquée par le sens du pliage. Les baliveaux sont ensuite tressés comme une vannerie autour des différents piquets. Les anciens avaient l'habitude de terminer par quelques branches de saule ou de noisetier entrelacées à l'extérieur des piquets pour fixer leur ouvrage.

 

Les trognes

Une appellation quelque peu barbare qui représente bien cette taille caricaturale conférant à l'arbre un air torturé. Egalement apelé "arbre-tétard" dans certaines campagnes, il ressemble plus à un gros moignon sur pied qu'à un arbre joliment taillé. L'objectif de cette taille étais de récupérer en nombre du petit bois de chauffage ou de disposer de fines branches (ainsi perchée en haut de l'arbre pour éviter que les animaux ne viennent les croquer) pour la confection de manches d'outil ou de branches à vannerie pour les plus petites.

La technique est plutôt simple puisqu'il suffit de couper à hauteur d'homme toutes les branches latérales et sommitales. Cet élagage sévère va totalement à l'encontre de la taille douce et s'effectue toujours en hiver, hors périodes de gel bien entendu. Chaque année, des branches latérales au tronc vont repousser. Il faut alors les couper, en revanche laisser les branches du sommet se gonfler de sève encore quelques années jusqu'à ce qu'elles atteignent un diamètre respectable de 10 cm maxi.

On recommence ensuite l'opération périodiquement au même niveau de coupe. Les jeunes branches feuillues seront alors très nombreuses et apporteront une ombre salvatrice dans les régions les plus fortement ensoleillées. Lors d'une telle coupe, le mastic cicatrisant n'est pas de mise puisqu'il empêcherait les nouvelles pousses de voir le jour, sauf si la taille a été mal faite et qu'elle risque d'endommager le spécimen.


Quel outil employer ?

Scie pour les plus gros rondins et serpe pour les autres. Surtout pas de tronçonneuse, ou alors pour la première grosse coupe uniquement.

Si aujourd'hui, l'utilité de "l'arbre-tétard" n'est plus d'actualité ; sa sauvegarde, elle, l'est plus que jamais. Il fait partie du patrimoine campagnard. Salon la Maison Botannique de Boursay dans le Loir et Cher, plus un seul arbre-tétard n'a été crée depuis 50 ans. Véritable témoin de la relation entre l'agriculteur et la nature pendant des décénnies, il serait dommage de le voir disparaitre. Alors à vos scies, serpes et tronçonneuses, la trogne doit reprendre de la vigueur.

 

Source : Faustine Milard www.gerbeaud.com

 

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